jeudi 6 novembre 2008

Le grand bluff

400 joueurs de poker viendront battre les cartes au stade de la Meinau ce week-end

Pour sa quatrième édition, le France Poker Tour, sorte de championnat national en la matière, revient à Strasbourg. Samedi et dimanche, 400 joueurs s’affronteront au stade de la Meinau pour une des onze places en finale, prévue le 13 et 14 décembre à San Remo en Italie.

"La plupart des joueurs viennent avant tout pour s’amuser”, précise Alexandre Henry, responsable logistique de l’événement. “L’ambiance est très conviviale. Les cartes sont distribuées par les joueurs plutôt que par des croupiers professionnels et les joueurs éliminés se font applaudir par tout le monde.”

Les participants peuvent se considérer chanceux. Ils étaient plus de 800 à vouloir s’inscrire. “La part des femmes progresse,” se félicite Henry. “Cette année, elles représentent déjà plus de 10% des concurrents.”

Arnaud Mattern et Anthony Roux, véritables vedettes dans le domaine du poker, viendront parrainer l’événement.

Pour plus d’infos:
France Poker Tour

Les quilles s’offrent une nouvelle jeunesse

Bastien s'entraine tous les mercredis
à l'école de quilles du Racing Club de Strasbourg

On le sait peu, mais le Racing Club de Strasbourg est champion de France depuis 15 ans. Champion de quoi? De quilles. Aujourd’hui, le club souhaite recruter pour renouveler ses effectifs. Une section jeunes vient d’être ouverte à la Meinau et compte déjà une quinzaine de joueurs.

Jusqu’ici, seuls les jeunes qui grandissaient dans une famille de quilleurs s’intéressaient à ce sport. C’est le cas de Teddy Weber, 21 ans, dont le père a été champion de France. Aujourd’hui Teddy est éducateur spécialisé au RCS Omnisport et c’est lui qui encadre les plus jeunes. “L’année dernière, j’avais deux élèves, très motivés. C’est déjà bien, mais il faut plus de monde pour développer et faire connaître notre sport.”

Bastien, 13 ans, est l’une des deux recrues de l’an dernier. Il a découvert les quilles lors d’un stage “judovacances”. Chaque été pendant une semaine, le club de judo encourage ses jeunes joueurs à essayer d’autres sports : foot, basket, ... et quilles. Les résultats de ces journées, comme ceux des portes ouvertes, sont cependant assez limités.

Depuis la rentrée 2008, Teddy Weber a donc décidé d’ouvrir le quiller de la Meinau tous les mercredis dès 13 heures. “L’UNSS démarre à 14h. J’accueille les collégiens une heure avant, comme ça ils peuvent venir s’amuser avant d’aller au foot.” Une quinzaine de jeunes du quartier passent chaque mercredi après-midi sur les pistes de la salle Jean Nicolas Muller.

"C'est un sport qui demande du temps, de la patience"
Teddy Weber, membre de l'équipe de France de quilles et entraineur des jeunes au RCS.



Le jeune éducateur se rapproche aussi des professeurs d’UNSS afin de les sensibiliser aux quilles. La France compte seulement un millier de licenciés, dont 21 au Racing, contre plusieurs centaines de milliers en Allemagne et dans les pays de l’est.A la Meinau, le quiller ne compte que 4 pistes, loin des 24 pistes de bowling de l’Orangerie.


"Ils jouent tous au bowling, jamais aux quilles"
Lucas, 13 ans, jeune joueur de quilles au RCS.




La majorité des jeunes viennent aux quilles pour leur aspect ludique. Mais pour Gérard Janus, président du club et sélectionneur de l’équipe de France, ce qui compte vraiment, c’est la compétition. Les jeunes les plus motivés pourront suivre l’exemple de Teddy et accéder à l’équipe de France.


"Les quilles c'est plus difficile que le bowling"
Teddy Weber explique les subtilités de son sport méconnu en France, mais très apprécié outre-Rhin.

Un local pour les amis de Bartischgut

Adrien Straumann, le directeur de la maison de retraite Le Bartischgut (à gauche), a présenté hier la salle de l'amicale : un préau aménagé d'environ 70 m2

Créée au mois de juin, l'amicale des amis de Bartischgut a inauguré hier son nouveau local. Celui-ci se situe dans le jardin de la maison de retraite Le Bartischgut, au sud de la plaine des Bouchers. Forte d'une cinquantaine de membres, l'association rassemble en majorité les familles des pensionnaires de l'établissement, spécialisé dans l'accueil des personnes âgées malvoyantes. "De nombreux bénévoles et anciens employés font aussi parti de l'amicale, explique Adrien Straumann, le directeur de la maison de retraite. Ces locaux permettront d'organiser diverses manifestations et activités pour nos pensionnaires. "

mercredi 5 novembre 2008

Jeux d'enfants et discussions de grands

Les éducateurs Paco (au centre) et Katrin (à droite)
en pleine distribution de crêpes dans le square rue de la Corse.


Jeux de société, lancés de palets, coloriage et tout ça avec une crêpe dans la main et barbouillé de pâte à tartiner... Une vingtaine d'enfants de la cité de la Canardière ont participé mercredi après-midi à la fête de rue du quartier de l'association de prévention sociale de la Meinau (PAM) organisée rue de la Corse. Les enfants étaient encadrés par six travailleurs sociaux.

L'objectif de la journée : proposer des activités aux enfants pour mieux discuter avec leurs parents et les quelques adolescents présents entre les barres délabrés qui jouxtent l'école maternelle Jean Fischer. Problème aujourd'hui : "les jeux de sociétés n'attirent plus les grands donc on est en train d'organiser de nouvelles activités pour les faire revenir", explique Paco Ajrouh, éducateur spécialisé à la PAM (au centre sur la photo).

Place à la création

Jusqu’au début de l’année 2009, Pôle Sud accueille en résidence le chorégraphe parisien Jean Gaudin. Depuis près de deux ans, il alterne régulièrement séjours à la Meinau et voyages à Paris. Cette semaine, il est installé dans les murs du théâtre conventionné de la Meinau et travaille sur sa nouvelle création, « Demain, se réveiller par inadvertance ».
Le spectacle, prévu pour 2010, mêlera danse, vidéo et arts plastiques. Des essais ont été réalisés cet été en Alsace où d’énigmatiques glaçons ont fleuri dans les arbres... Dans le grand studio laissé à la disposition de Jean Gaudin, de longs rouleaux de papier sont déployés au sol. « Ca n’existe pas à Paris, ici on peut laisser les choses en l’état et le lendemain on se trouve là où on en était la veille. »
Familier des lieux depuis quinze ans, le chorégraphe a appris à connaître le quartier.


"Quand je viens ici, est-ce que je suis toujours à Strasbourg? Non, j'arrive à la Meinau"
Jean Gaudin, chorégraphe en résidence à Pôle Sud depuis deux ans.






Les spectateurs ne peuvent pas voir le travail de l’artiste en résidence. Jean Gaudin ne dévoilera pas non plus sa création à la Meinau, même si c'est ici que le projet prend forme. Le chorégraphe prépare cependant une surprise aux Strasbourgeois pour célébrer la fin de sa résidence.

Site internet de Pôle Sud
Site internet de la Compagnie Jean Gaudin

La pasta des Bouchers

Ce mercredi midi, d'importantes files d'attentes ont envahi
le restaurant "Mezzo di Pasta".


Un restaurant Mezzo di Pasta a ouvert ses portes ce mardi, au n°76 rue de la plaine des Bouchers. Habitué à s'implanter en centre-ville, cette chaîne de restauration de pâtes express a pourtant choisi d'investir 250m2 au beau milieu d'entreprises de BTP ou d'informatique.


"A part le Mac Do, il n'y a rien de prévu pour les actifs pressés"
Olga Koehler est la manager du restaurant Mezzo di Pasta de la rue de la plaine des Bouchers.

Retour à la paroisse pour l'évêque rwandais

Pendant plus d'une heure, l'évêque anglican rwandais, Jéred Kalimba (à gauche) a expliqué son travailaux personnes âgées présentes.

Jéred Kalimba, évêque anglican de la paroisse de Shiogwe au Rwanda est venu, mardi après-midi, présenter son pays et son travail lors d'une rencontre organisée par le pasteur Martine Grell, à la salle des fêtes de la maison de retraite du Kachelofe.

"Tout le monde me connaît ici, j'y ai passé beaucoup de temps je m'y sens bien". Jéred Kalimba a vécu quatre ans à Strasbourg. Il a dû quitter son pays en 1997 à cause des tensions que connaissait le pays dans les années qui ont suivi le génocide de 1994. Jusqu'en 2001, il a trouvé refuge en Alsace et a participé aux activités de la paroisse protestante de la Meinau.

"On l'a beaucoup aidé après son arrivée à Strasbourg"
Martine Grell, pasteur au sein de la paroisse protestante luthérienne de la Meinau



Devant une vingtaine de personnes du quartier, le religieux a présenté les projets mis en oeuvre au Rwanda par son diocèse : construction et organisation des écoles, mise en place d'un centre de santé, formation des jeunes à l'agriculture, accompagnement des femmes... Des projets réalisés grâce aux partenariats qu'entretient le diocèse de Jéred Kalimba avec d'autres Eglises.

"On travaille ensemble dans la formation de notre personnel"
Jéred Kalimba, évêque anglican du diocèse rwandais Shiogwe




Après la présentation, le pasteur Grell a organisé une discussion sur le rôle de l'Eglise au Rwanda et les conditions de vie actuelles de la population du pays.

mardi 4 novembre 2008

Opération restockage pour la banque alimentaire

Les bénévoles préparent les affiches pour leur grande collecte annuelle.

Le 28 et 29 novembre, les bénévoles de la banque alimentaire du Bas-Rhin, implantée dans le quartier de la Meinau, seront présents dans presque tous les supermarchés du département pour leur grande collecte annuelle auprès des particuliers. Ils recueilleront toutes sortes de denrées alimentaires non périssables, en particulier des conserves de fruits, de légumes ou de poisson et des huiles végétales. “Nous faisons très attention à l’équilibre alimentaire, explique Coralie Tijou, responsable de l’hygiène et de la sécurité alimentaire. Les personnes démunies sont fragiles et elles n’ont pas les moyens de dépenser plus pour des aliments sains.” Dans le Bas-Rhin, 13000 personnes sont soutenues par l’association tous les mois.

Pour en savoir plus sur l’association ou devenir bénévole:
Banque Alimentaire du Bas-Rhin

98, rue de la Plaine des Bouchers
67100 Strasbourg-Meinau

Tél.: 0388403040

contact@bancalim.org

Le cybercentre reste en veille

Youssef El Mansouei (debout) initie les particuliers aux usages du web

Les vacances de la Toussaint n’ont pas profité au cybercentre de la médiathèque du quartier,. Ré-ouvert depuis la fin 2007, le lieu regroupe dix ordinateurs en libre-accès. Pour l’heure, les écrans restent éteints : aucune association n’a investi les locaux depuis deux semaines.
“Nous avons envoyé des emails à toutes les associations pour leur expliquer qu’elles pouvaient utiliser notre centre chaque jeudi et vendredi, détaille Youssef El Mansouei, initiateur multimédia. Pour l’instant seules deux associations ont prévu d’organiser des ateliers”. La PAM (association d’insertion sociale) prévoit notamment un stage d’alphabétisation pour les femmes étrangères.
Les habitants délaissent également les locaux de la rue de Schulmeister. Ce mardi, jour réservé aux particuliers, il n’y a pas foule. “Je viens deux fois par semaine. Et à part deux, trois habitués, je ne vois pas grand monde”, explique Marc*.
*Le prénom a été modifié.

Infos pratiques : pour les particuliers, le cybercentre est ouvert le mardi de 15h à 19h et le mercredi de 10h à 12h et de 14h à 18h. Les crénaux sont disponibles pour les groupes et associations le jeudi de 14h à 18h et le vendredi de 9h à 12h.
Rue Schulmeister / Téléphone : 03.88.79.27.47

La Meinau s'enguirlande autour de son marché de Noël

Prévue du 14 au 16 décembre prochain, l’organisation du marché de Noël est l’enjeu d’un affrontement ouvert entre le centre socio-culturel et les associations les plus emblématiques de la Meinau.

Le centre socio-culturel de la Meinau fait face à la gronde
de certaines associations du quartier


Les fêtes de fin d'année sont propices aux élans de solidarité et de fraternité. A la Meinau, l'humeur est plutôt à la bataille rangée entre le centre socio-culturel et les associations, implantées depuis longtemps dans le quartier. L'enjeu de la lutte : le marché de Noël. "Depuis quinze ans, il est organisé en collaboration avec des associations du Neuhof et de la Meinau, détaille Jean-Luc Kaneb, responsable de la confédération syndicale des familles (CSF) de la Meinau. Pendant les trois jours, les festivités se déroulaient alternativement dans les deux quartiers. Cette année, le centre socio-culturel (CSC) veut monter un projet exclusivement ici (à la Meinau) et sans concertation avec les habitants. C'est un repli communautaire que nous refusons."

"Extrêmistes sociaux"

Il y a deux semaines, la CSF, accompagnée de la Maison des potes, a pris deux décisions symboliques pour marquer son mécontentement : participer au marché de Noël du Neuhof et boycotter celui de la Meinau.
Du côté du CSC, rue de Bourgogne, on se défend de tout sectarisme : "Les spectacles organisés dans les deux quartiers auront lieu à des heures décalées, les habitants pourront donc se rendre sur les deux sites, annonce André Braeuner, le directeur du centre. Et pour le dimanche (14 décembre), nous réfléchissons à organiser un grand rassemblement au parc Schulmeister. La vérité c'est qu'il est impossible de discuter avec des extrêmistes sociaux comme M.Kaneb ou ses amis de la PAM (association de prévention spécialisée et d’action sociale), qui n'acceptent pas la contradiction."

Vers un sabordage du CSC ?

Le dialogue de sourds autour de l'organisation du marché de Noël révèle un mal plus profond : celui de la division entre les associations de terrain, installées depuis des années dans le quartier (la CSF, la PAM ou encore l’AREM - association des résidents de la Meinau) et le jeune centre socio-culturel, créé en 2003. "Elles ont pendant longtemps organisé le tissu social de la Meinau entre elles, explique une employée à la direction de proximité de la CUS. Le changement est difficile.” Pourtant, ce sont ces mêmes associations qui ont impulsé la création du centre socio-culturel pour mieux coordonner la vie du quartier. Aujourd’hui, les tensions sont tellement fortes entre la direction et les associations qu’André Braeuner craint que la CAF ne prolonge pas l’agréement du centre d’ici le 31 décembre prochain. A défaut d’être harmonieuses, les fêtes de fin d’année risquent d’être animées à la Meinau.

Trois ans dans les cartons

Daniel Rabahi a vécu sept ans au N°10 de la rue Schulmeister. Mercredi dernier, il a emménagé dans un des nouveaux logements construits par la S.I.B.A.R., un des principaux bailleurs sociaux de la Meinau. Situé au N°1 de la rue Shutterlin, à deux pas de la place de l'Ile-de-France, Daniel Rabahi raconte le déroulement de son relogement.

Match nul mais stade plein

Le stade de la Meinau a retrouvé lundi soir l'ambiance des matches à enjeux pour le choc face au Racing Club de Lens. Plus de 22000 spectateurs avaient fait le déplacement dont près de 800 Lensois, parés de leurs écharpes couleurs sang-et-or. Aucune équipe n'est sortie vainqueur de ce duel au sommet de la Ligue 2. Résultat final 1-1.

Une ambiance amicale entre les supporteurs des deux équipes a rythmé les travées du stade tout au long de la soirée. A l'image de Florent (à droite sur la photo) et François (au centre), beaucoup d'amis Nordistes et Alsaciens ont profité de l'occasion pour se retrouver à la Meinau. "Je suis du Nord-Pas-de-Calais mais ma compagne est de Strasbourg et je travaille dans la même entreprise que Florent, explique François. Ce match est une bonne occasion de se retrouver".

lundi 3 novembre 2008

Réunion des locataires de CUS Habitat : résidents et bailleur désabusés

Certaines familles attendent depuis six ans d'être relogées dans un immeuble de CUS Habitat

Ils n'étaient que huit, ce jeudi, lors la réunion annuelle des locataires du bailleur social CUS Habitat de la Meinau. Organisée par la Confédération syndicale des familles du quartier (CSF) à l'Eglise Saint-Vincent de Paul, cet événement vise à faire le point sur les préoccupations quotidiennes des 5000 habitants des HLM du bailleur. « On espérait voir plus de monde, mais il y a eu quelques problèmes de communication, explique Jean-Luc Kaneb, responsable de la CSF. La date de cette réunion a été arrêtée il y a deux semaines, mais on n'a commencé a mettre des affiches dans le quartier qu'hier. La plupart du temps, celles-ci sont arrachées au bout de 24 heures. »
Pressées de quitter leurs appartements insalubres privés deux mamans monopolisent le début des débats. Elles profitent de la présence de Frédéric Falcetti, le chef d'agence CUS Habitat de la Meinau, pour réitérer leur demande de logement.

« Le toit de la chambre des enfants est tombé »
Chaharazade Hakalem réside au N°80 de la rue de la Plaine des Bouchers avec ses deux enfants.

Même son de cloche pour une autre mère de famille, sans domicile depuis deux ans : « je suis à la rue et j'ai trois enfants. Voici un an maintenant que j'ai envoyé ma demande à l'agence ». « Je ne dispose malheureusement que d'une faible marge de manoeuvre », déplore Frédéric Falcetti. « Pour l'heure, je n'ai que douze logements libres dans le quartier. Sachant que nous enregistrons environ 1500 demandes de logements à Strasbourg », ajoute-t-il.

Les habitants des HLM de la rue Schulmeister pestent régulièrement contre le squattage de leurs caves par des jeunes

Après le passage en revue de différents problèmes, comme le cambriolage des caves de la rue de Normandie, ou encore la rénovation des boites aux lettres rue Schulmeister, le débat se cristallise sur l'augmentation des charges. « Les miennes sont passées de 96 à 123 euros cette année », tonne une locataire. « Vraiment, personne dans mon immeuble ne comprend cette augmentation. Je n'utilise désormais qu'un seul de mes deux radiateurs pour me chauffer », renchérit-elle.

« La hausse des charges ne s'explique que par l'augmentation du prix de l'énergie »
Frédéric Falcetti est le directeur de l'agence CUS Habitat de La Meinau.


Reste que l'explication ne satisfait pas tous les locataires. « Un de mes voisins a quand même dû payer des charges alors qu'il n'allume jamais son radiateur électrique », s'agace une des résidentes.

Nathalie devant les portes du ciel

«Alors, si quelqu'un essaie de forcer l'entrée, c'est ce mouvement-là que vous devez effectuer.» Maxime, responsable de la sécurité au festival de rock chrétien Heaven's Door, fait une démonstration sous les rires des bénévoles. «C'est compris, les Pikachus?» Une dizaine de jeunes, équipés de gilets jaunes fluo et de talkie-walkies, hochent la tête. «Je fais du rugby, moi, c'est bon», rétorque Nathalie, une des bénévoles de l'association Troisième Jour qui encadre le festival. Troisième Jour, implantée à la Meinau, rassemble des chrétiens et non-chrétiens qui s’investissent dans Heaven's Door, un week-end de concert qui présente sept groupes de musique d inspiration chrétienne.

Nathalie, catholique, en a entendu parler dans sa chorale gospel à l'église protestante de la Meinau. «C est l'occasion de rencontrer des gens sympas qui partagent mes convictions», dit-elle. «Cela me permet de discuter de ma foi avec eux.» La jeune prof était tout de suite motivée.

Il est samedi soir, c'est le jour J, l'ouverture du festival. 500 à 600 personnes sont attendus. Nathalie est chargée de contrôler les sacs à l'entrée. Pour l'instant, rien à signaler, les spectateurs, pour la plupart des adolescents, parfois avec leurs parents, rendent leurs bouteilles d'eau sans faire d'histoires. Tout se déroule dans la bonne humeur. «On n'est pas là pour taper sur les gens, on est des pacifiques», assure Maxime. Son équipe professionnelle de sécurité qui couvre exclusivement des manifestations chrétiennes vient renforcer Nathalie et ses amis.

Les appareils photo sont interdits dans la salle...
Nathalie les prend en consigne

Foi, entraide et rock n roll

De l'intérieur de la salle parviennent les sons des premiers artistes, le chanteur Rycko et le groupe de Ska MUYM. Du rock, de l'electro et du ska, entrecoupé d'appels à prier le Seigneur et à aimer Jésus. Au stand d'à côté, des bénévoles vendent des gâteaux au bénéfice des enfants de Ouagadougou. Foi, entraide et rock n roll, c’est le mot d'ordre de ce festival.

Le chanteur Rycko et ses musiciens se préparent...
c'est à eux d'ouvrir le festival
Nathalie aura passé sa soirée sous la pluie à l'entrée de la salle. Du concert, elle n'aura rien vu, mais cela n'enlève rien à sa joie d'être là. «On s'est beaucoup occupé de moi quand j’étais plus jeune», se rappelle Nathalie. «C'est à mon tour de donner.»

Pour en savoir plus :
Association Culturelle Troisième Jour
39 avenue Christian Pfister 67100 Strasbourg
+33 (0)611075484
+33 (0)359039058

dimanche 2 novembre 2008

Chez Martine : ambiance « lounge » à la Canardière

9 h ce jeudi, jour de marché. Les échoppes de fruits et légumes, d'épices ou de fripes viennent de s'installer tout autour de la place de l'Ile-de-France. Pour Martine Uhlrich, la patronne du salon de thé à son nom qui donne sur la place, ces matinées sont synonyme de « rush ». Doté d'une superficie de 240 m2, son établissement ne désemplit pas. Epaulée par ses deux apprenties, elle sert sans relâche expressos, chocolats chauds, tartines et autres pâtisseries maison aux visiteurs.

Mireille, une habituée des lieux, apprécie l'atmosphère de l'établissement. « Je viens deux à trois fois par semaine. C'est propre, ce qui n'est pas monnaie courante ici. Il fallait être sacrément gonflé pour ouvrir un salon de thé au milieu des tours de la Canardière... », juge cette enseignante, qui habite au Baggersee.

« Un établissement qui sort du lot par rapport au quartier »
Martine Uhlrich, 54 ans, patronne du salon du thé, s'est installée à La Meinau en 1978.






Un café à 1,50 euros, un plat du jour à 8,50 euros. Des tarifs que les clients jugent adaptés au vu du cadre « lounge bar » qu'offre l'établissement. Une fois la porte d'entrée automatique franchie, le visiteur pénètre dans une large salle à la décoration zen. Les murs jaune et orange vif sont recouverts de peintures représentant Bouddha. Des plantes exotiques ont été disposées devant chaque baie vitrée. Les tables en verres aux tons orangés sont l'oeuvre d'artisans strasbourgeois.
Les clients, qui résident majoritairement à la Canardière, mais aussi dans le quartier des villas, sont nombreux à saluer le cachet du salon.

« Un endroit propice au mélange des gens »
Arnaud réside à la cité de l'Ill, près du quartier de la Robertsau.





« Au pmu, on n'a pas la même prestation »
Mahmoud, retraité, habite la Canardière depuis 15 ans.


samedi 1 novembre 2008

Relogements galères à la Canardière

Elles devraient déjà avoir disparu. La grande barre de la rue Schulmeister et la tour Jean Hoepffner à la Canardière sont toujours debout. Inscrits au programme de rénovation urbaine du quartier, les travaux de démolition devraient débuter, au plus tôt, au printemps de l'année prochaine. Des "lots" de résidences à quatre étages doivent remplacer ces grands bâtiments construits à la fin des années 1950. En attendant, le relogement des habitants avance très lentement.

Rue Schulmeister : démolition en deux temps

« On manque de places » dans le quartier, et « les habitants veulent rester à la Meinau », explique Richard Mistler, directeur de la Sibar, propriétaire d’une partie du parc immobilier de la Canardière. Rue Schulmeister, il ne reste plus que 36 familles sur les 160 logements que compte la grande barre. Au départ, la démolition totale du bâtiment était prévue pour 2008. Finalement, l'édifice sera détruit en deux temps, et la Sibar espère commencer la démolition de la première tranche (du n°2 au n°10) début 2009. Dans cette seule partie, il reste actuellement 11 familles à reloger.

L'immeuble Sibar de la rue de Schulmeister. Les volets fermés témoignent du départ des familles déjà relogées. La grande majorité est restée à la Meinau.

Au n°12 de l’immeuble, une des locataires, Marie-France Jimenez, installée au 6e étage, prépare son déménagement. « Ca empire ici. Ca zone, ça trafique, mais personne ne fait rien », se plaint cette mère de deux enfants. Elle habite à la Meinau depuis l'âge de 7 ans et, à l'image de la grande majorité des relogés, elle voulait rester à la Canardière. « Mais je suis contente de m'éloigner des immeubles HLM et d'aller plus à l'arrière du quartier », souligne-t-elle.

Au 7e, Bastien Bouillon n’est, lui, « pas pressé de partir ». « Je ne paye pas cher », explique le jeune homme. Sa mère et sa soeur habitaient aussi l'immeuble. Comme d'autres locataires, elles ont été relogées dans les nouveaux appartements de la place de l'île de France.

« Au début rien ne marchait ! »

« Ces déménagements ont été groupés pour garder le lien entre les locataires », explique Lassad Essadi, responsable du programme de rénovation urbaine à la mairie de quartier. Même si les relogés de Schulmeister semblent satisfaits d'habiter désormais dans du neuf, les problèmes techniques rencontrés après leur emménagement les ont irrités. « Au début rien ne marchait : les prises, les téléphones..., râle une habitante. Et puis regardez ! Vous pensez que c'est normal d’avoir le mur de mes toilettes qui bouge comme cela ! On nous a dit que notre ancien immeuble était hors normes mais pour moi c'est celui-ci qui l’est !», poursuit-elle, persuadée que son nouvel appartement a été construit de manière précipitée.

La Sibar concède des problèmes de mise en route mais assure que l’immeuble est conforme à toutes les obligations. « A partir du moment où on a pris connaissance des problèmes, on a fait le nécessaire », explique Karine Silvestri à la Sibar. « Et puis on oblige les gens à quitter leur ancien appartement, poursuit-elle, donc si tout n'est pas nickel tout de suite, ça coince ». Surtout si les loyers ont au passage augmenté. « Même ramené à un mètre carré équivalent, j'ai fait le calcul, je paye entre 70 et 80 euros de plus par mois... », souligne la même habitante, résignée.

La destruction de la tour Jean Hoepffner ne commencera pas avant le printemps prochain. Elle devrait laisser place à de nouvelles résidences. Le square aussi devrait disparaître au profit de nouveaux logements.

Du côté des logements sociaux de CUS-Habitat, le relogement des locataires de la tour Jean Hoepffner a aussi pris du retard. L'immeuble aurait dû être détruit cette année, or neuf familles se trouvent encore dans les appartements. Elles viennent tout juste de recevoir une lettre de leur bailleur leur expliquant qu'elles devront quitter l'immeuble avant avril prochain.

« Cette lettre, je la prends comme une menace ! », lance une locataire du 7e au bord des larmes. « Au départ, ils nous ont dit "Vous souhaitez aller où madame ?" et maintenant, ils n’ont rien pour moi et veulent nous jeter dehors ». Pour Moussa Cheded, au rez-de-chaussée, la colère contre CUS-Habitat est encore plus forte. « Ils se fichent carrément de nous ! Ma femme est asthmatique, j'ai demandé un rez-de-chaussée et ils m'ont proposé un 3e étage ».

565 logements sociaux détruits, 299 de reconstruits

Assise dans son salon, Chantal S. attend les déménageurs au milieu de ses cartons. Faute de places disponibles à la Meinau et de moyens, elle doit déménager derrière les Halles. « Ils sont pressés de nous foutre dehors ». accuse-t-elle. « J'ai été prévenue seulement il y a une semaine de ma date de déménagement ».

Chez CUS-Habitat, on admet quelques soucis au niveau des délais mais on assure faire tout son possible pour reloger les gens selon leurs souhaits. D'ici avril, le bailleur s'est engagé à faire une nouvelle proposition à toutes les familles de la tour. « On fait de notre mieux pour prendre en compte la composition familiale, les revenus, le secteur demandé, explique Frédéric Falcetti, responsable de l'agence de la Meinau. A nous de leur trouver quelque chose qui leur convienne, car ils n'ont pas choisi de partir et nous avons une obligation de relogement ».

Chantal S. à la veille de son déménagement, 7e étage de la tour Hoepffner.

La convention de rénovation urbaine de la Canardière signée en 2006 prévoit la construction de 299 logements sociaux et 374 logements privés, après démolition de 565 logements, tous sociaux.

Pour les associations, cette volonté de mixité sociale, tout en promettant aux familles un relogement dans leur quartier est un leurre. « C'est bien joli de faire de nouvelles habitations mais elles sont trop chères, critique Marthe Schaeffer de l'association des résidents de la Meinau (AREM). Au final, les familles les plus modestes resteront dans de l'ancien et ceux de la tour Hoepffner seront obligés de prendre ce qu'on leur donne ».

Même son de cloche pour Yves Vitale, de l'association des locataires HLM Meinau : « Le problème c'est de détruire des logements très sociaux sans en reconstruire de nouveaux, notamment dans les beaux quartiers. Du coup, on va parquer les gens à Hautepierre ou à Cronenbourg ».

vendredi 31 octobre 2008

La crise fragilise le milieu protégé

Thomas* lutte avec un bout de ruban adhésif qui s´enroule autour de son doigt alors qu´il tente de recouvrir un livre. L´entreprise adaptée (EA) de la Meinau vient de recevoir une commande importante de la médiathèque André Malraux.


Des centaines de livres s'empilent dans l'atelier où travaillent les 25 employés handicapés psychiques de l´EA. Des recueils de contes qui passeront par beaucoup de petites mains tachées de chocolat, des BD qui seront dévorées par des générations d'amateurs et qu´il s´agit de protéger.
«Par notre travail ici, n
ous nous sentons utiles aux autres», se réjouit Jean*, huit ans d´expérience, le plus ancien de l´atelier. «Cela nous permet d´avoir une place dans la société malgré notre handicap.» Les personnes handicapées psychiques souffrent des conséquences à long terme d'un trouble psychique. En général, ce type de trouble n'apparaît qu'au cours de l'adolescence ou à l'âge adulte et induit des difficultés d'épanouissement social et professionnel. L'EA fournit un cadre protégé qui permet à ces personnes d'exercer un travail malgré leur handicap. «Si je devais perdre mon travail dans l'EA, je passerais mes journées seul devant la télé et ce serait la rechute assurée», estime Jean.

Une entreprise comme les autres face à la crise

La crise économique qui frappe la France entière n´a pas épargné l´entreprise adaptée. « Il y a nettement moins de commandes », confirme Yvette Fride, directrice de l´entreprise. « Si des entreprises qui nous sous-traitent régulièrement des activités rencontrent des difficultés, nous sommes touchés aussi. »

De l´initiation au travail jusqu´à la préparation au retour en milieu professionnel ordinaire, l´association Route Nouvelle Alsace dont fait partie l´EA propose à la Meinau une filière complète de réinsertion professionnelle avec des activités diverses telles que la saisie informatique, la mise sous pli, le publipostage ou encore le conditionnement. L´EA est la structure qui se rapproche le plus du monde de l'entreprise et, par là, des impératifs de rentabilité. Contrairement à l´ESAT (Etablissement et service d´aide par le travail, ex-CAT) qui propose une orientation professionnelle de courte durée, les employés de l´EA disposent d´un CDI. Des salaires d´un équivalent de 13 temps plein rémunérés à hauteur du SMIC doivent être payés avec l´argent qui rentre grâce aux commandes. Les aléas de la conjoncture actuelle frappent pour cela durement l´entreprise.

«Ce qui prime, c'est le projet social.»

« De toute façon, nous devons toujours en faire plus que les autres », explique Carine Rocher, monitrice à l´EA. « Au début, les entrepreneurs se méfient, ils ont des à prioris sur les handicaps psychiques et se demandent si nous sommes capables de bien faire le travail.» Avec la crise, la tension sur les marchés augmente. Néanmoins, les structures de Route Nouvelle Alsace profitent du fait que les entreprises de plus de 20 salariés peuvent s’exonérer d’une partie de leurs obligations d’employer des personnes handicapées en confiant des marchés à un ESAT ou une entreprise adaptée.

« Ce qui prime tout de même dans toutes nos structures, c´est le projet social », rappelle Charles Nécol, directeur de l´ESAT. « La reconnaissance de la personne, sa participation au processus économique et son intégration sociale. Les considérations économiques viennent après. » Des bénéfices supplémentaires pourraient néanmoins venir en aide à tous ceux qui attendent leur chance de réintégrer le monde professionnel. Les délais d´attentes pour une place dans les ateliers de Route Nouvelle Alsace peuvent aller jusqu´à plusieurs années. Les employés de l´EA se considèrent chanceux. Ils savent que les emplois, en milieu protégé comme dans le milieu ordinaire, se font de plus en plus rares. Une des tâches qui leur est souvent confié par de grandes entreprises est la rédaction et l'envoi de lettres de refus. Ce travail-là, au moins, l´EA ne risque pas de le perdre ces prochains mois.

*Nom changé par la rédaction

Pour en savoir plus: Route Nouvelle Alsace


RAID inter-quartier : la Meinau de nouveau

Les jeunes de la Meinau ont remporté hier, pour la deuxième année consécutive, le raid nature du centre de loisirs jeunesse (CLJ). Malgré le temps frais et la pluie de ces trois derniers jours qui ont accompagné les épreuves sur la plage de l'étang de Baggersee, l'équipe du quartier s'est imposée devant les Spartiates du Marais de Schiltigheim et les Meufs du Neuhof.

jeudi 30 octobre 2008

Où acheter sa baguette à la Meinau ?



Le quartier de la Meinau est pauvre en commerces de proximité. Aucune boutique dans la plaine des Bouchers. Pour trouver des cigarettes, l'employé de PME doit se rendre avenue de Colmar. Grâce à la proximité du tramway, les environs du stade sont bien fournis.
Les habitants des villas cossues doivent se rendre rue de la Meinau pour acheter leur baguette de pain et rentrer dans la Canardière pour dénicher une épicerie. Depuis un an, la réhabilitation de la place de l'Ile-de-France a donné un nouvel attrait aux boulangeries, à la charcuterie et à l'épicerie. Habitants des villas et des HLM se retrouvent au marchand de journaux de la rue Charlemagne, le seul du secteur. Rue de la Canardière, les supermarchés Mutant et Simply market concurrencent le petit commerce.
En revanche, pour les habitants de la zone sud-est de la Canardière, les alentours du siège de CUS habitat se vident : la boulangerie, le bureau de tabac et le Mutant ne sont plus là. Seule la pharmacie St-André reste ouverte.

Des résidents embourbés rue de Corse

La pluie de ces derniers jours complique singulièrement la vie des résidents de la barre du n°14 au 18 de la rue de Corse. L’eau a transformé le chantier de voirie, situé juste en dessous de cette immeuble, en véritable parcours du combattant boueux. Sauter par dessus la flaque d’eau, emprunter le chemin de sable mouillé au risque de salir ses chaussures ou contourner entièrement les travaux en perdant plusieurs minutes : ce sont les dilemnes qu’affrontent chaque jour les habitants. “C’est très difficile de circuler avec un landeau. Je n’ai toujours pas trouvé la solution idéale”, déplore une mère de deux petites filles âgées de 3 et 5 ans. Autre désagrément, la circulation en deux-roues. Eric, 19 ans, peste, à peine descendu de son scooter : “J’ai de la boue sur la carrosserie et mon bas de pantalon est trempé”. Le chef de chantier n’est pas optimiste : “Si le temps continue comme ça, on aura du retard sur la fin des travaux, prévues à la fin de l’année”. Et pluie ou pas, le bruit des pelleteuses et des camions devrait continuer à gêner les riverains encore plusieurs semaines.

Déblayer la forêt, en attendant le Sahara

Le froid et la pluie ne les ont pas découragés. Neuf jeunes du quartier ont répondu présent jeudi matin pour aller déblayer la forêt d'Illkirch au sud des barres de la Canardière. Quatre filles et cinq garçons, entre 14 et 16 ans, venus pour financer un voyage dans le sud de la Tunisie pour les uns ou plus modestement passer une journée à Europapark pour les autres.

Encadrés par deux éducateurs spécialisés de la PAM (association de prévention spécialisée et d'action sociale à la Meinau), les adolescents, en 3e au collège Lezay Marnésia, viennent pour la deuxième fois de la semaine manier la scie et le sécateur pour nettoyer la limite communale entre Strasbourg et Illkirch.

Les garçons, emmenés par Abed, Amine et Yahya,
attaquent la partie ouest du sentier


Chacun doit travailler en tout cinq demi-journées, payées 6,50 euros de l'heure par l'office national des forêt (ONF). La somme récoltée ira sur un compte commun destiné à payer une partie d'un séjour de 10 à 12 jours en février dans un petit village du sud de la Tunisie à l'orée du Sahara.

Sur le chantier, les filles se mettent à quatre pour découper un arbre, faire respirer la forêt jusqu'à voir la cité au loin. "On va apprendre plein de choses en Tunisie. Par exemple, comment ils font pour économiser l'eau, explique Myriam, on va aussi voir comment vivent les familles". Avec l'autre Myriam, Sibel attend avec impatience "de voir le Sahara". Même chose pour Hajar : "ici il fera froid en février alors que là-bas on aura chaud. On va rencontrer une autre culture".

Les filles font tomber les dernières branches
et dégagent la vue sur la Canardière


Pour financer une partie de leur voyage, les jeunes doivent participer à des chantiers comme celui-ci, à d'autres activités comme des ateliers de correspondance avec des familles tunisiennes ou encore une collecte de matériel scolaire. En échange, ils doivent faire des efforts au collège pour montrer leur motivation. "On s'est entendu avec vos profs, les comptes sont remis à zéro" rassure Haydar Kaybaki, leur éducateur.

Plus loin, Boris et Yahiya s'attaquent ensemble à un tronc d'une vingtaine de diamètre. L'arbre s'écroule quelques minutes plus tard sous les regards satisfaits des deux garçons. Comme six autres jeunes du quartier, ils accompagneront les filles en Afrique du Nord.


Au moment de la pause goûter, au coin d'un feu improvisé, les jeunes discutent de leur prochain voyage. "Haydar, à quelle heure on prendra l'avion ?", lance Hajar à l'éducateur. Loin de la vie au quartier et du froid automnal de la forêt d'Illkirch, les adolescents iront dormir à la belle étoile dans le désert lors d'un randonnée à dos de dromadaire de trois jours, visiter la ville de Tataouine mais également assister à des cours dans leur village d'accueil.

Hajar, assise sur un tronc en termine avec son dernier arbre de la journée.

Ce jour-là, le "groupe Tunisie", est accompagné d'Abed, Essam et Amine. Eux sont arrivés en france l'an dernier et font partie d'un autre projet de l'association. Ils viennent travailler pour payer une partie de leur journée à Europa Park avec leur éducatrice Marie Fournet.

En attendant, tous doivent finir leur travail pour l'ONF. Encore plus de 3 km de forêt à déblayer. Hajar, assise sur un tronc en termine avec son dernier arbre de la journée. "Vous voyez tout ce qu'on fait pour la Tunisie ? Si après ça on y va pas..."