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mercredi 5 novembre 2008

Jeux d'enfants et discussions de grands

Les éducateurs Paco (au centre) et Katrin (à droite)
en pleine distribution de crêpes dans le square rue de la Corse.


Jeux de société, lancés de palets, coloriage et tout ça avec une crêpe dans la main et barbouillé de pâte à tartiner... Une vingtaine d'enfants de la cité de la Canardière ont participé mercredi après-midi à la fête de rue du quartier de l'association de prévention sociale de la Meinau (PAM) organisée rue de la Corse. Les enfants étaient encadrés par six travailleurs sociaux.

L'objectif de la journée : proposer des activités aux enfants pour mieux discuter avec leurs parents et les quelques adolescents présents entre les barres délabrés qui jouxtent l'école maternelle Jean Fischer. Problème aujourd'hui : "les jeux de sociétés n'attirent plus les grands donc on est en train d'organiser de nouvelles activités pour les faire revenir", explique Paco Ajrouh, éducateur spécialisé à la PAM (au centre sur la photo).

mardi 4 novembre 2008

Le cybercentre reste en veille

Youssef El Mansouei (debout) initie les particuliers aux usages du web

Les vacances de la Toussaint n’ont pas profité au cybercentre de la médiathèque du quartier,. Ré-ouvert depuis la fin 2007, le lieu regroupe dix ordinateurs en libre-accès. Pour l’heure, les écrans restent éteints : aucune association n’a investi les locaux depuis deux semaines.
“Nous avons envoyé des emails à toutes les associations pour leur expliquer qu’elles pouvaient utiliser notre centre chaque jeudi et vendredi, détaille Youssef El Mansouei, initiateur multimédia. Pour l’instant seules deux associations ont prévu d’organiser des ateliers”. La PAM (association d’insertion sociale) prévoit notamment un stage d’alphabétisation pour les femmes étrangères.
Les habitants délaissent également les locaux de la rue de Schulmeister. Ce mardi, jour réservé aux particuliers, il n’y a pas foule. “Je viens deux fois par semaine. Et à part deux, trois habitués, je ne vois pas grand monde”, explique Marc*.
*Le prénom a été modifié.

Infos pratiques : pour les particuliers, le cybercentre est ouvert le mardi de 15h à 19h et le mercredi de 10h à 12h et de 14h à 18h. Les crénaux sont disponibles pour les groupes et associations le jeudi de 14h à 18h et le vendredi de 9h à 12h.
Rue Schulmeister / Téléphone : 03.88.79.27.47

jeudi 30 octobre 2008

Déblayer la forêt, en attendant le Sahara

Le froid et la pluie ne les ont pas découragés. Neuf jeunes du quartier ont répondu présent jeudi matin pour aller déblayer la forêt d'Illkirch au sud des barres de la Canardière. Quatre filles et cinq garçons, entre 14 et 16 ans, venus pour financer un voyage dans le sud de la Tunisie pour les uns ou plus modestement passer une journée à Europapark pour les autres.

Encadrés par deux éducateurs spécialisés de la PAM (association de prévention spécialisée et d'action sociale à la Meinau), les adolescents, en 3e au collège Lezay Marnésia, viennent pour la deuxième fois de la semaine manier la scie et le sécateur pour nettoyer la limite communale entre Strasbourg et Illkirch.

Les garçons, emmenés par Abed, Amine et Yahya,
attaquent la partie ouest du sentier


Chacun doit travailler en tout cinq demi-journées, payées 6,50 euros de l'heure par l'office national des forêt (ONF). La somme récoltée ira sur un compte commun destiné à payer une partie d'un séjour de 10 à 12 jours en février dans un petit village du sud de la Tunisie à l'orée du Sahara.

Sur le chantier, les filles se mettent à quatre pour découper un arbre, faire respirer la forêt jusqu'à voir la cité au loin. "On va apprendre plein de choses en Tunisie. Par exemple, comment ils font pour économiser l'eau, explique Myriam, on va aussi voir comment vivent les familles". Avec l'autre Myriam, Sibel attend avec impatience "de voir le Sahara". Même chose pour Hajar : "ici il fera froid en février alors que là-bas on aura chaud. On va rencontrer une autre culture".

Les filles font tomber les dernières branches
et dégagent la vue sur la Canardière


Pour financer une partie de leur voyage, les jeunes doivent participer à des chantiers comme celui-ci, à d'autres activités comme des ateliers de correspondance avec des familles tunisiennes ou encore une collecte de matériel scolaire. En échange, ils doivent faire des efforts au collège pour montrer leur motivation. "On s'est entendu avec vos profs, les comptes sont remis à zéro" rassure Haydar Kaybaki, leur éducateur.

Plus loin, Boris et Yahiya s'attaquent ensemble à un tronc d'une vingtaine de diamètre. L'arbre s'écroule quelques minutes plus tard sous les regards satisfaits des deux garçons. Comme six autres jeunes du quartier, ils accompagneront les filles en Afrique du Nord.


Au moment de la pause goûter, au coin d'un feu improvisé, les jeunes discutent de leur prochain voyage. "Haydar, à quelle heure on prendra l'avion ?", lance Hajar à l'éducateur. Loin de la vie au quartier et du froid automnal de la forêt d'Illkirch, les adolescents iront dormir à la belle étoile dans le désert lors d'un randonnée à dos de dromadaire de trois jours, visiter la ville de Tataouine mais également assister à des cours dans leur village d'accueil.

Hajar, assise sur un tronc en termine avec son dernier arbre de la journée.

Ce jour-là, le "groupe Tunisie", est accompagné d'Abed, Essam et Amine. Eux sont arrivés en france l'an dernier et font partie d'un autre projet de l'association. Ils viennent travailler pour payer une partie de leur journée à Europa Park avec leur éducatrice Marie Fournet.

En attendant, tous doivent finir leur travail pour l'ONF. Encore plus de 3 km de forêt à déblayer. Hajar, assise sur un tronc en termine avec son dernier arbre de la journée. "Vous voyez tout ce qu'on fait pour la Tunisie ? Si après ça on y va pas..."