mardi 4 novembre 2008

La Meinau s'enguirlande autour de son marché de Noël

Prévue du 14 au 16 décembre prochain, l’organisation du marché de Noël est l’enjeu d’un affrontement ouvert entre le centre socio-culturel et les associations les plus emblématiques de la Meinau.

Le centre socio-culturel de la Meinau fait face à la gronde
de certaines associations du quartier


Les fêtes de fin d'année sont propices aux élans de solidarité et de fraternité. A la Meinau, l'humeur est plutôt à la bataille rangée entre le centre socio-culturel et les associations, implantées depuis longtemps dans le quartier. L'enjeu de la lutte : le marché de Noël. "Depuis quinze ans, il est organisé en collaboration avec des associations du Neuhof et de la Meinau, détaille Jean-Luc Kaneb, responsable de la confédération syndicale des familles (CSF) de la Meinau. Pendant les trois jours, les festivités se déroulaient alternativement dans les deux quartiers. Cette année, le centre socio-culturel (CSC) veut monter un projet exclusivement ici (à la Meinau) et sans concertation avec les habitants. C'est un repli communautaire que nous refusons."

"Extrêmistes sociaux"

Il y a deux semaines, la CSF, accompagnée de la Maison des potes, a pris deux décisions symboliques pour marquer son mécontentement : participer au marché de Noël du Neuhof et boycotter celui de la Meinau.
Du côté du CSC, rue de Bourgogne, on se défend de tout sectarisme : "Les spectacles organisés dans les deux quartiers auront lieu à des heures décalées, les habitants pourront donc se rendre sur les deux sites, annonce André Braeuner, le directeur du centre. Et pour le dimanche (14 décembre), nous réfléchissons à organiser un grand rassemblement au parc Schulmeister. La vérité c'est qu'il est impossible de discuter avec des extrêmistes sociaux comme M.Kaneb ou ses amis de la PAM (association de prévention spécialisée et d’action sociale), qui n'acceptent pas la contradiction."

Vers un sabordage du CSC ?

Le dialogue de sourds autour de l'organisation du marché de Noël révèle un mal plus profond : celui de la division entre les associations de terrain, installées depuis des années dans le quartier (la CSF, la PAM ou encore l’AREM - association des résidents de la Meinau) et le jeune centre socio-culturel, créé en 2003. "Elles ont pendant longtemps organisé le tissu social de la Meinau entre elles, explique une employée à la direction de proximité de la CUS. Le changement est difficile.” Pourtant, ce sont ces mêmes associations qui ont impulsé la création du centre socio-culturel pour mieux coordonner la vie du quartier. Aujourd’hui, les tensions sont tellement fortes entre la direction et les associations qu’André Braeuner craint que la CAF ne prolonge pas l’agréement du centre d’ici le 31 décembre prochain. A défaut d’être harmonieuses, les fêtes de fin d’année risquent d’être animées à la Meinau.

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